Nos terrains

par Mar 10, 2020

Les Terroirs de nos Crus de Molsheim

Le Grand Cru Bruderthal

Traduit littéralement par « Vallée des Frères », le Bruderthal tient son nom des frères monastiques qui, dès le XIVème siècle cultivaient ce jardin délicieux. Précurseurs, ils avaient saisi l’importance qualitative de ce secteur d’à peine plus de 18 hectares, ce qui amena les Hospices de Strasbourg à travailler des parcelles vers le XVème siècle.

D’orientation sud, sud-est, en plein cœur du ban viticole molshémien, la pente de ces parcelles est moyenne, avec une altitude comprise entre 235 et 300 m, le situant en milieu de coteau. Le substrat, du calcaire dur, est dénommé Muschelkalk. Les sols de ces parcelles sont peu à moyennement profonds, allant de 40 à 70 cm. Bien qu’argileux (supérieur à 30%), ce sont des sols très caillouteux, comprenant un taux de calcaire actif élevé, qui se réchauffent rapidement.

Ce type de sol influe directement sur le comportement de la vigne : pauvre en matière organique, les rendements n’excèdent pas 40 à 45 hL/ha. Ce sont également des terroirs disposant d’une faible réserve utile en eau en surface, ce qui oblige les racines à trouver de la fraîcheur en profondeur et à profiter des failles de la roche-mère pour s’infiltrer. Cette particularité leur permet de très bien se comporter lors d’été chauds et secs, assurant une maturation lente et régulière.

Plus encore que les divers terroirs de Molsheim, le Bruderthal produit des vins d’une longévité étonnante. Celle-ci peut être imputée à la pureté de son calcaire, conférant aux vins une fraîcheur remarquable, même dans des millésimes plus caniculaires. On leur retrouve des caractéristiques uniques : une salinité remarquable couplée à des notes épicées.

Ces vins méritent d’être gardés un minimum de 5 ans à partir de leur date de récolte pour s’ouvrir. Ils seront pleinement épanouis entre 10 et 15 ans et peuvent encore se bonifier après ces dates. Le Bruderthal peut produire des vins secs ou moelleux, toujours en finesse.

Le Hahnenberg

Mont des coqs

Le Hahnenberg, que l’on peut traduire par « Mont des coqs », tiendrait son nom de la réelle difficulté de mise en culture de ces terres : ne pouvant rien y faire pousser, elles étaient laissées en friches, où les faisans prospéraient (Hahnen).

Le mérite d’y faire pousser de la vigne revient cependant aux moines chartreux, très présents à Molsheim, qui avait même fait le parti de construire une cave en contrebas de la parcelle. Cette audace a permis à la commune de Molsheim de rapidement faire valoir ses vins en Alsace et plus encore en Europe. Réputé pour produire des vins de dentelle, ce terroir fait valoir ses lettres de noblesse sur les plus grandes tables.

Situé au nord du ban viticole de Molsheim, ce lieu-dit se situe entre 220 et 270 mètres d’altitude pour une surface globale de 16 hectares. Il bénéficie d’un microclimat particulier, de par son exposition plein est et ses pentes très fortes.

Les parcelles occupant ce lieu-dit font état d’une géologie remarquable en Alsace. On observe ici des Rendzines, caractérisées par des sols extrêmement courts, allant de 20 à 30 cm à peine. Très caillouteux, ces sols ne doivent qu’à leur concentration d’argile élevée de permettre une viticulture. La réserve hydro-azotée y est plus faible encore qu’ailleurs dans le vignoble, obligeant la vigne à fournir d’importants efforts pour développer son système racinaire, au détriment de la quantité de raisins. Le substrat se compose également de calcaire dur de type Muschelkalk.

Les rendements sont par conséquent naturellement faibles, de l’ordre de 30 à 40 hl par hectare. Situé en altitude, ce terroir venteux est tardif. Les vendanges n’interviennent de manière générale qu’une à deux semaines après le reste du domaine.

Les vins issus de ce lieu-dit sont cristallins, ciselés. Ils sont aptes à conserver leur fraîcheur de longues années et il est préférable de leur laisser quelques années de garde avant de les servir. Produisant une grande majorité de vins secs, ce terroir est un parfait allié de la gastronomie.

Le Leimen

Molsheim Rouge et Blanc

« Leimen » se traduit littéralement de l’allemand par « argile ». Il semble acquis que les premières personnes à cultiver ce terroir aient remarqué la texture de ce sol, très fortement argileux.

Ce lieu-dit est étendu sur un plateau de 13,5 hectares, à une altitude oscillant entre 260 et 300 mètres. Il surplombe Molsheim par son versant sud-est, est. On le retrouve plus au sud par rapport au ban viticole.

C’est cette position qui a fortement contribué à la formation de son terroir. Les argiles que l’on retrouve très présentes à la surface proviendraient de la dégradation des marnes, que l’on retrouve à des profondeurs variant entre 50 jusqu’à 80 cm dans certaines parcelles.

Riche en matière organique, c’est le régime hydrique de ce type de sol, argilo-marneux qui confère toute l’expression qualitative de la vigne. La couche de marnes dans le sous-sol le rend totalement imperméable dès lors que les précipitations deviennent importantes. Cela se traduit par la résurgence de sources plus en aval en hiver. Au contraire, l’assèchement progressif de cette couche en été laisse des failles qu’exploitent les racines de la vigne. Si toutefois l’été ou l’automne venaient à être pluvieux, la couche de marnes regonflerait. Ceci limite l’absorption d’eau par les racines développées en été, préservant le potentiel qualitatif de la vendange.

Cette dynamique d’assèchement particulière permet à ce terroir d’apporter beaucoup de rondeur, de suavité et de longueur aux vins qui en sont issus. Ils sont généralement très faciles à déguster jeunes, bien que possédant un potentiel de garde de 7 à 10 ans. Les vins qui en sont issus sont majoritairement secs.

Le Schaeffertstein

Le rocher du berger

Jadis cultivé par les Jésuites, cette parcelle fait partie d’une entité étendue de moins d’une dizaine d”hectares : le Schaefferstein. On retrouve ce lieu-dit sur une altitude entre 200 et 240 mètres. Il jouit d’une exposition sud, sud-est, sur des pentes moyennes. Sa situation par rapport au ban viticole est très centrale : seul un petit val le sépare du Bruderthal.

A l’instar du Leimen, le sous-sol du Schaefferstein est marneux. Il se distingue cependant par son sol. Beaucoup plus maigre, celui-ci n’est épais que de 30 à 50 cm. Il se serait formé à partir de colluvions, très drainants. Cela permet une infiltration aisée de l’eau, qui se retrouvera cependant rapidement bloquée sur la couche de marnes, hermétique, située plus en profondeur. Il n’est pas rare de voir alors des sources resurgir lors de fortes pluies, en aval de la parcelle, là où les marnes affleurent.

Ce terroir développe tout son potentiel qualitatif par la contrainte exercée sur le développement racinaire de la vigne. Celle-ci devra débaucher beaucoup d’énergie annuellement pour créer de nouvelles racines au printemps : les anciennes étant en partie écrasées lors du gonflement des marnes en hiver. Ainsi, l’énergie et le carbone dirigés vers la production de racines limite fortement la fertilité des vignes plantées sur ces parcelles, laissant pleinement s’exprimer la notion de terroir.

On y trouve encore des vergers et des haies qui donne une source d’auxiliaires importante à notre culture viticole. Le caractère sec et venteux de ce cru le met à l’abris des maladies mais aussi de la pourriture noble. Par conséquent, très peu de Vendanges tardives viennent de ce cru.

Les vins qui en sont issus développent un bouquet aromatique porté par des fruits à chair jaune ou encore une belle expression florale. Ce terroir apporte rondeur et longueur en bouche, pour produire des vins amples, secs et gras qui s’apprécient aussi bien jeunes qu’après une dizaine d’années.